Désirable et « précieux »
Dans la leçon 1, on apprend que les périodes de crise touchent aussi les matières premières et, en fin de compte, les emballages. La fabrication du verre nécessite beaucoup d’énergie, et son poids élevé influence en outre les coûts logistiques, tant au niveau de la consommation de carburant d’un camion que de la capacité de chargement. Le verre va donc devenir plus coûteux, et son poids doit encore être réduit.
Les cartons et le papier recyclé sont une matière première précieuse, cotée en dollars sur les marchés boursiers mondiaux. Leur fabrication nécessite beaucoup d’énergie et d’eau. La version la plus économique d’un emballage carton pour le vin est un carton brut, c’est-à-dire brun.
Non imprimé, ce carton est également plus facile à réintégrer dans la chaîne de recyclage, car l’encre d’impression (souvent fabriquée à partir d’huiles minérales, de polymères et d’additifs) n’est pas utilisée et ne pollue donc pas les eaux souterraines.
Il est intéressant de constater que des produits de grande consommation, souvent bon marché et fabriqués industriellement, sont fréquemment transportés et présentés dans des emballages cartonnés très élaborés.


Imprimé en couleurs, verni, avec dorure et paillettes, les coins élégamment biseautés et munis d’une languette intégrée à laquelle est fixé un fil en plastique permettant une ouverture précise.
« Attirer l’attention à tout prix »
Sur le marché, nous sommes exposés à de nombreux stimuli qui influencent notre décision d’achat. Les produits gagnants sont souvent ceux qui s’empilent de manière particulièrement colorée aux emplacements les plus stratégiques.
Vieille règle du commerce : là où il y a beaucoup de marchandises, il y a beaucoup de chiffre d’affaires. Rares sont les clients qui aiment se servir dans des rayons vides.
Prenons un instant pour réfléchir à cela également. Avez-vous déjà vu un grand vigneron devoir déployer autant d’efforts ?
Des alternatives sont à l’essai
Cela ne fait aucun doute : les emballages en carton doivent être attrayants, surtout lorsqu’il s’agit d’imposer de nouveaux concepts. Il reste à voir comment les clients se décideront à l’avenir.
Les bouteilles en papier ou l’emballage Bag-in-Box, connu depuis des décennies, comptent parmi les emballages les plus écologiques et durables pour les liquides. Plusieurs études scientifiques le confirment en tenant compte du cycle de vie complet d’un emballage : 78 % d’émissions de CO2 en moins, 66 % de consommation d’énergie primaire en moins, 73 % de consommation d’eau en moins.


MAIS : voulons-nous vraiment imaginer que des vins spécialement conçus pour un très long vieillissement soient enveloppés dans des matériaux composites de film plastique et de papier ?
Les vins de qualité, qui ont besoin d’une période de maturation pour révéler toute la richesse de leurs arômes, continueront certainement d’être mis en bouteilles de verre. Rapportés à la durée pendant laquelle ces vins seront conservés avant d’être bus, les coûts énergétiques élevés restent proportionnellement plus justifiés que pour des produits de consommation courante destinés à être bus dans l’année. Les traditions, et surtout les pratiques qui ont fait leurs preuves depuis longtemps, ne changent pas du jour au lendemain.

Si nous voulons la durabilité, nous devons être ouverts à la nouveauté. Nous pourrions commencer par les vins les plus simples et nous demander si les caractéristiques de ces productions de masse, aux qualités plutôt modestes, justifient une consommation de ressources aussi élevée.
Les vins destinés à une consommation rapide devraient être les premiers concernés. Nous ne pouvons toutefois pas compter sur les producteurs ni attendre d’eux un changement. Le pouvoir est entre les mains du consommateur.
